J’y suis : à présent, je peux accéder à tous les endroits de sa vie.
C’était comme, passer d’un écran noir et blanc à la couleur ou de la 2D à la 3D. Beaucoup de choses prenaient sens, y compris sa relation ambivalente du début.
Sérieusement, quel bordel. Cette petite vie étriquée et figée me donne le vertige. Maintenant, que j’ai le droit, je vais mettre un peu de piment pour faire bouger tout ça.
Déjà, ce job mortifère, on va tout de suite changer. Coup de chance, il est consultant, on va lui proposer un changement facile en interne : 0 risque pour lui et tout bénef pour moi, il ne pourra pas refuser. Deal. Done.
Je lui ai trouvé une mission en intrapreneur dans sa société : en gros de l’entreprenariat en interne où on reste salarié de l’entreprise mais on a la mission d’inventer quelque chose de vraiment nouveau en mode “start-up”. J’adore. Un espace de liberté où je vais pouvoir trouver des solutions amusantes au problèmes que j’imagine dans les rapports humains et, à fortiori, les rapports humains dans le travail.
Le début était vraiment grisant : j’avais 100% la main. Je lui ai trouvé des solutions vraiment simples et efficaces à ses problèmes. On a construit une équipe sympa et des alliés dans l’entreprise pour nous soutenir dans nos innovations et, surtout, dans la viabilité du projet. 6 mois plus tard, on était rentables et on délivrait un service avec une vraie valeur ajoutée pour toutes les parties.
Oui, parce que ce que je vous ai pas dit, c’est que j’ai aussi rangé temporairement au placard “Guillaume le développeur”. Maintenant on ne se contentait plus de rester sagement à coder derrière un écran : on téléphonait, on établissait des contrats, on faisait de la facturation, on contribuait directement aux orientations de l’offre et du produit, ... Bref, un arc-en-ciel de compétences et d’activités était ENFIN remis en mouvement.
Au fil de l’eau, on a commencé à rencontré de l’adversité interne à notre projet : des nouveaux process, des personnes qui voulaient faire le même projet que nous, des problèmes légaux, ... C’était pas toujours facile mais une chose faisait notre force : on dialoguait. D’abord entre nous mais aussi avec les personnes de l’équipe et les personnes avec qui on était en collaboration. On se faisait confiance.
Jusqu’au jour où l’adversité était telle, qu’en dépit de toutes notre motivation à dialoguer, certaines personnes ont simplement décidé de ne pas nous adresser la parole. Des personnes qui avait un ascendant sur nous de part leur position hiérarchique. Des personnes qui pouvaient mettre fin à notre projet de plein de manière, y compris, sans rien faire d’autre que d’attendre qu’il se suicide.
Là, j’avoue, je ne m’y attendais pas.
Alors quand il m’a demandé de l’aider dans cette situation, je n’avais pas de réponse à lui donner. En colère, il a repris la main, il m’a accusé de l’avoir laissé tombé et il a coupé court à notre relation.
Je me suis retrouvé seul, dans le noir, à nouveau.

