Non, vraiment, ce job me rend dingue : je suis hyper bien payé, j’apporte réellement de la valeur à mes clients, je produis un code élégant qui satisfait mes critères esthétiques et de beauté et pourtant je m’ennuie comme un rat mort. Mais qu’est ce qui peut bien se tramer au fond de moi pour que je me plaigne d’une telle situation ?
J’aimerais pouvoir trouver des raisons de fuir.
Mon manager ? Il est présent, à l’écoute et pro-actif quand j’ai besoin de lui.
Mes collègues ? Des crèmes, talentueux et sympathiques.
Les conditions de travail ? Horaires flexibles, je pose mes congés comme je veux, des bureaux agréables et beau.
Rien n’y fait.
En même temps, partir pour quoi faire ? Pour aller où ?
Si je continue d’être développeur, j’aurais aucun mal à trouver un job en ces temps-ci. Mais aurais-je le même confort sur mes conditions de travail que j’ai aujourd’hui ? Je ne veux pas que ça change. On sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on gagne...
Et puis me taper les process de recrutement en 4 étapes où on m’annonce, à la fin, un salaire inférieur à ce que j’ai demandé lors du 1er entretien : non merci.
Y aussi la piste de changer de métier, mais je le sens pas. J’ai l’impression de fuir quelque chose, de ne pas me regarder en face. Et puis repartir dans des études, des examens, me refaire un réseau, ... J’en ai pour 3 ans minimum. L’ennui c’est que je ne tiendrai pas 3 ans dans cette situation.
Ca tourne en boucle dans ma tête.
En plus, on vient de me proposer un promotion en tant que manager. L’occasion d’augmenter un peu plus mon salaire et de développer des soft skills. Un développeur avec des soft skills, c’est un sacré plus en terme de carrière, c’est rare comme profil il parait. “Guillaume le développeur avec des soft skills”, ça sonne bien. Je vais y réfléchir.
En plus sur ma dernière mission, il parait que j’ai été très apprécié par le client pour mes qualités pacifiantes. Tiens, j’ai des soft skills. Il vont bientôt me placer dans une nouvelle équipe qui va pas hyper bien en ce moment dans l’espoir que ma présence apaise la situation.
Je sais pas si ça sera cool mais ça pourra au moins me servir d’élément de négociation pour mon augmentation en fin d’année : “accepte des missions à fort challenge”. C’est comme ça qu’il faut le formuler, il parait que ça a plus d’impact lors des comités annuels entre les managers et le CODIR. Ca empêche pas d’avoir des surprises car il y a ensuite des comités d’harmonisation des augmentations par secteurs puis au niveau global, mais on sait jamais. Je peux peut-être espérer 2,5% au lieu de 1% pour au moins couvrir l’inflation.
Parfois, je me demande pourquoi je fais ce métier. Au début c’était une passion, un truc qui remplissait ma vie. Mais aujourd’hui... je ne sais pas.
Et moi dans tout ça ? Peut-être que je pourrais faire des projets à moi ?

